C'est maintenant que tout se joue pour moi. C'est le moment de ma vie. Celui qui sera fondateur de tout mon petit être en devenir, de ma petite personne. Parce que oui, on me l'a dit; c'est bien l'enfance qui nous façonne. C'est d'ailleurs incroyable de se dire que tous, autant que nous sommes, nous nous sommes batis sur des moments de l'enfance qui peut parfois nous les faire voir de façon tout à fait déformé. Tu m'étonnes que l'on soit tous un peu timbrés...Alors je verrais...j'apprendrais que la vie ce n'est pas forcement ce que la fée m'a sussuré au creux de l'oreille par dessus mon berceau lorsque je suis née. La vie non ça n'a pas l'air ça. C'est surement pas cette chose infame, rose, moelleuse. La vie c'est autre chose. C'est d'abord beaucoup de gris quand je regarde mon nombril, quand je regarde le monde qui m'entoure ou quand je regarde les infos...Mais je pense que c'est aussi très coloré, c'est bleu quand je lève la tête, c'est vert quand je la baisse..Et puis il y aura les autres, l'autre. La première cigarette. La première gifle. La première insulte. Le premier chagrin d'amour. La première bulle. Les premières rédactions.
J'apprendrais à aimer, à découvrir ce qui m'entoure. Comme tout le monde. Parce que finalement personne ne vit des choses qui sont si différentes que ça. Tout le monde dit bien « Je t'aime » avec la même force, même si ce mot je le verrais mourir lorsque mon amoureux roulera une galoche à ma meilleure amie.
J'apprendrais à haïr lorsque les gens seront incensés et malveillants lorsque les gens qui promettent ne tiennent pas parole parce que ça me fera mal d'y avoir avoir cru. J'apprendrais à ne plus être naïve.
Je m'endurcirais de tout, pour finir à ne plus croire en rien. Je deviendrais ce quelqu'un comme tout le monde, gris et impersonel avec des passions banales, des envies et des besoins banaux...parce que tout le monde a déjà tout essayé. Je n'attendrais que le bonheur, qu'il vienne frapper à ma porte. Il viendra faire son apparition. Et je serais là à le regarder partir, impuissante, en espérant que la tristesse ne me reste pas trop. Au fond c'est ça la vie, faut être patient. Et puis si je suis sage, si j'observe bien, j'apprendrais à en tirer leçon, à se détacher de cette pseudo-douleur. Me reconstruire, plus forte. Pardonner. Aimer. Et quoi qu'il arrive, je me souhaite bien du courage...
Je ne veux pas grandir !!